Cridem

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10-05-2016

05:00

Nouakchott en chantier, avec plus de passion que de raison

Les habitants de Nouakchott auront remarqué certainement l’effervescence des chantiers dans la capitale. Une nouveauté qui devait être introduite par une démarche méthodique, menant sur des déterminants de la sécurité de construire. Mais nous sommes loin de ce cadre, en vue du sommet prochain de la Ligue Arabe (en juillet prochain), on va changer la physionomie de Nouakchott, quitte à le faire en dehors de toutes normes cadastrales.

Comme il est de coutume, le pays accueillant reçoit des pays membres une importante subvention lui permettant de faire face à certaines dépenses. De l’argent, la Mauritanie en a reçu donc de ses frères arabes, c’est la raison des nombreux travaux routiers en plus de l’inauguration le 23 juin prochain de l’aéroport international de Nouakchott. Le tout est lié au sommet.

Nous ignorons comment les autorités ont fait pour convaincre l’Organisation de l’Aviation Civile Internationale –OACI- qui est très exigeante pour les mesures de sécurité aériennes. Il semblerait que le nouvel aéroport va être inauguré pour des vols commerciaux.

Dire que la Mauritanie, avec moins d’une dizaine de vols par jours, a un trafic aérien qui ne dépasse pas 280.000 passagers l’an, alors que le Sénégal voisin qui en est à 2 millions, n’a pas encore inauguré son aéroport, Blaise Diagne.

C’est sur cet aéroport que les participants au sommet arabe vont atterrir, aussi faudrait-il qu’il réponde aux normes. C’est le cas, nous dit-on, mais après le sommet, comment rentabiliser l’aéroport quand on sait que nous sommes sur la liste noire de l’OACI ?

Concernant le sommet de juillet, la Mauritanie n’a pas encore résolu l’équation du site d’accueil des nombreux participants malgré le projet 700 millions pour la construction du site. Compte tenu du temps très réduit, on parle pour la circonstance, d’une infrastructure démontable où pourquoi pas, un sommet sous la tente pour faire très original.

C’est pour plaire à nos invités que tout semble être fait dans la précipitation, à l’image « des trottoirs exécutés sans étude topographique ou de drainage des eaux pluviales » confie cet architecte. Il a déploré « la création de cuvettes artificielles qui ne vont pas nous épargner d’une inondation en cas de fortes pluies ».

Sur les trottoirs, il fera observer qu’ils ont créé des feux inadaptés de signalisation, causant des désagréments dans le flux des nombreux véhicules de Nouakchott. « Mais c’est surtout pour les câbles de la société des eaux que nous nous faisons du souci, si un câble saute, c’est ce trottoir qui sera cassé pour sa réparation ».

ADN

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