Cridem

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22-12-2012

12:01

En Mauritanie Mahomet remplace l'enfant Jésus.

De confession musulmane, Ramata Ba a toujours donné la priorité aux fêtes de l’Islam, mais en Mauritanie elle célébrait déjà le Nouvel An.

Le parcours professionnel de son père l'a conduite au Sénégal, au Mali, et en Côte d'Ivoire, mais lorsqu'elle évoque l'Afrique, Ramata Ba parle essentiellement de son pays natal, la Mauritanie. Arrivée en France en 1977, elle habite Le Pêchereau, où ses quatre enfants ont grandi, depuis 1985.

Ses boubous colorés en font l'ambassadrice emblématique d'une nation encore mal connue au niveau local, malgré les multiples actions du comité de jumelage Argenton-Tokomadji.

Sacrifices d'animaux et beignets de farine

Et lorsqu'on lui demande comment elle a vécu les fêtes de fin d'année en Mauritanie, elle se fait une joie de souligner les coutumes de son village d'origine, situé sur les rives du fleuve Sénégal. « La religion musulmane occupe une grande place dans cette république islamique. Noël est un jour comme les autres, mais le 1er janvier a une connotation particulière. La Mauritanie est une ancienne colonie française et ses habitants en ont gardé certaines traditions. À cette occasion les jeunes égorgent des moutons qui sont mangés en famille, entre amis, dans un repas accompagné de beignets de farine et de thé. Il y a également beaucoup de musique et des danses. »

Mais ce sont les grandes fêtes musulmanes qui rythment la vie de ses compatriotes. De cette dizaine de rendez-vous mobiles, tributaires du calendrier lunaire, Ramata met en évidence la fête du mouton qui permet d'offrir des cadeaux aux enfants, des habits, des bijoux en or, et de partager avec ses proches et ses voisins, ou encore de donner l'aumône aux pauvres.

« La naissance de Mahomet était l'occasion de tuer des buffles, de réunir beaucoup de monde pour partager un repas en parlant toute la nuit du Prophète. La fin du ramadan se traduisait par une grande fête… » Depuis son arrivée en France, tous ces rites se sont bien sûr occidentalisés, et si elle reste fidèle à sa religion, elle précise?: « je ne suis pas une islamiste, je suis tolérante. »

Et ceux qui rencontrent Ramata à Paumule apprécient cette femme haute en couleurs, souriante, qui accueille toujours ses visiteurs en servant du thé. Alpha, 22 ans, est le seul de ses enfants à vivre encore avec elle. Tout le monde sera pourtant là pour les fêtes de fin d'année. Et il y aura même un arbre de Noël et des cadeaux pour la troisième génération.

Jean-Michel Bonnin


 


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