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Une conférence islamique consacrée aux droits des enfants
Des responsables et des intellectuels religieux participent à une initiative nationale destinée à protéger les enfants mauritaniens d'éventuels choix hasardeux.
Une conférence nationale unique en son genre est en cours en Mauritanie, qui s'attache aux droits des enfants dans l'Islam.
Elle se fonde sur la conviction que les jeunes étant les pierres de construction d'une société efficace, tout doit être fait pour les dissuader d'emprunter les chemins de la violence et de l'extrémisme.
"Cela ne pourra se faire qu'en instaurant le 'fiqh de la liberté, en activant les droits de l'Homme dans l'Islam et en développant le contenu de son message fiqh conforme aux libertés individuelles", a déclaré Sheikh Ould Zein Ould Imam Lamine, secrétaire général du Forum de la pensée islamique et membre du Conseil islamique suprême.
Des imams, des intellectuels religieux, des faqihs, des éducateurs et des militants des droits de l'Homme ont participé à ce forum initial de deux jours à Nouakchott, qui s'est achevé le 1er novembre. D'autres conférences se poursuivent dans sept provinces du sud de la Mauritanie.
Les participants ont discuté de sujets d'actualité, notamment l'esclavage, le travail des enfants, le mariage précoce et les droits des enfants dans l'Islam, ainsi que de l'apport des faqihs et des leaders religieux en faveur des réformes.
"Le Forum de la pensée islamique reconnaît que des phénomènes négatifs dans la société mauritanienne, comme le travail des enfants, le mariage précoce des jeunes filles, la déscolarisation des enfants et les atteintes à leur dignité sont encore fortement enracinées dans la mentalité des habitants des villages et des régions rurales", a expliqué Ould Imam Lamine à Magharebia.
De tels problèmes "privent la société de jeunes productifs, qui pourraient contribuer à l'édification de son avenir". "Cela empêche les efforts de développement et peut contribuer à la déviance de ces jeunes", a-t-il ajouté.
Ce forum a publié la Déclaration de Nouakchott, dont les signataires s'engagent à "créer le fiqh de l'ijtihad adapté à l'époque moderne, à impliquer les érudits religieux dans la défense des droits de l'Homme tout en soulignant la nécessité pour eux de lutter contre les phénomènes néfastes pour les enfants et la société".
Selon le Fonds des Nations unies pour l'enfance, quelque 300 000 Mauritaniens sont âgés de moins de 15 ans.
"Les problèmes les plus importants que connaissent les enfants en Mauritanie sont le mariage précoce, le taux de déscolarisation et d'autres facteurs encore qui peuvent constituer les fondements de comportements déviants", a expliqué le représentant de l'UNICEF en Mauritanie.
D'autres intervenants lors de cette conférence à Nouakchott ont abordé d'autres sujets de préoccupation. Le professeur Mohamed Lamine Ould Elban a parlé du travail des enfants, et Haddmin Ould Salek, imam de la mosquée El Atiq, s'est intéressé à l'impact négatif du mariage précoce sur l'avenir des garçons et des filles.
Pour sa part, Hamden Ould Tah, le président de l'Union des intellectuels religieux de Mauritanie, a parlé du rôle de l'enseignement islamique dans la lutte contre la pauvreté.
Plusieurs responsables gouvernementaux ont également assisté à cette conférence.
Par Jemal Oumar pour Magharebia à Nouakchott