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Birama a certes fauté, mais pas plus que les hypocrites de tous les jours
Nous sommes tous unanimes pour dire que Birama n’avait pas à agir ainsi. Quel que soit le contenu d’un livre, aussi discutable soit-il, il doit être préservé. Et un auteur d’ajouter que « Tout livre brûlé illumine le monde ».
Le livre d’Hitler « Mein Kamph » est l’un des écrits le plus cruels que l’humanité ait jamais connu, mais pourtant il va être bientôt réédité en Allemagne pour être accessible à tous. Il ne s’agit nullement de comparer l’œuvre monumentale du savant Cheikh Khalil Ibn Ishâkh à celle d’Hitler, mais de démontrer que l’acte de Birama est donc déplacé.
L’acte est d’autant plus condamnable que cet ouvrage contient toute une myriade de versets coraniques et de paroles du Prophète de l’Islam (SAW). À ce titre, il dessert son combat noble et, par la même occasion, prête le flanc à ses ennemis qui ne cherchent que la moindre faille dans son attitude pour l’achever.
Il doit s’excuser auprès d’Allah et des musulmans sincères qu’il a blessés et non pas auprès des hypocrites et des crieurs publics. S’excuser n’est pas une marque de faiblesse. Bien au contraire, un signe d’humilité et de dignité des grands hommes.
Pour autant, l’acte de Birama n’est pas synonyme de mort d’homme. Il existe en Mauritanie de gens qui ont fait pire que lui et qui restent pourtant impunis. Nous voyons tous les jours ces délinquants en col blancs déambuler en Mauritanie sans être inquiétés. Qu’ils sachent que la Justice divine est aux aguets comme le souligne le Coran.
Tous ces soi-disant « Oulémas », qui s’élèvent pour crier et traiter Birama de tous les noms d’oiseau, ont manqué la belle occasion de se taire. Pourquoi, ne dénoncent-ils pas les injustices cruelles qui sévissent en Mauritanie ? Ces injustices se font au vu et au su de tout le monde. Elles font même partie du décor de notre paysage.
En 1989, excepté Bouddah ould Busairi (que Dieu ait pitié de son âme) quel autre Ouléma s’était élevé pour dénoncer l’assassinat des musulmans en plein mois de ramadan. En quoi brûler un livre est pire que l’assassinat d’un musulman en plein mois de ramadan, un mois saint durant lequel le Coran a été révélé. Quid des magistrats corrompus, de la ségrégation, de détournements des deniers publics, du tribalisme, et j’en passe.
De grâce, arrêtons cette hypocrisie ambiante. Soit nous sommes musulmans, soit nous ne le sommes pas. Il est préférable d’être un athée honnête que d’être un musulman hypocrite. Dieu n’a-t-il pas souligné dans Son Saint Coran, au verset 145 de sourate an-nissâ, que « (…) Les hypocrites seront, au plus bas fond du feu, et tu leur trouveras jamais de secoureur ». Sur ce, nous laissons le soin à chacun de faire son examen de conscience.
Marigatta Wagué, Paris.