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L’Islamisme.
Après ma sortie de la semaine dernière, beaucoup de réactions me sont
parvenues. Certaines très appréciatives, de gens que je respecte,
certaines moins appréciatives, de gens que j’aime bien tout de même, et
d’autres très virulentes de gens qui ne n’aime pas. Allez ! Disons que
je ne les aime pas non plus. Comme ça se sera fait.
Pour les premiers, à part les remercier profondément, il n’y a rien à
dire.Pour les derniers, ça n’est disons pas le premier de mes soucis,
qu’ils m’apprécient ou pas.Pour les deuxièmes par contre, j’aurais
besoin d’éclaircir, à certains qui m’ont reproché ce qu’ils ont compris
comme une attaque contre l’Islam, ce que je pense sur cette question.
De prime abord, je voudrais dire que je suis trop respectueux des
croyances d’autrui pour m’y attaquer et encore moins à l’Islam, religion
à laquelle j’ai volontairement et consciemment adhéré après avoir été
athée et d’autres choses. En fait, j’ai plutôt un problème avec
l’Islamisme.
Avec l’Evangélisme aussi, bien que l’on en parle moins. Avec tous les
totalitarismes et leur avatars que je crois être le conformisme social,
l’hypocrisie et la haine. A la limite, je pourrais m’accommoder d’un
totalitarisme idéologique qui ne prétend à aucune élévation spirituelle,
qui se contente de gérer la vie terrestre des Hommes et qui ne prétend
pas m’aimer au point de vouloir me faire entrer au Paradis.
Ce qui me révolte, ce qui me fait peur, ce qui me panique, c’est le totalitarisme religieux qu’on a vu en Afghanistan, qu’on a vu en Europe à l’époque de l’inquisition et de l’Edit de Nantes. Ce que l’on voit encore aujourd’hui dans certaines villes des Etats-Unis (si si, je vous l’assure).
Voilà ce qui me pose problème et contre lequel je lutterai ou en tous cas que je fuirai autant que je pourrai le faire.
Bien-sûr les islamistes se justifient eux même religieusement. Ils
tirent tous les arguments fallacieux, historiques et religieux qu’il
leurs faut du Coran et de la Sunah pour légitimer tout et n’importe
quoi. Comme ils récitent leurs livres (d’interprétation) par cœur,
personne n’ose leur tenir tête parce que la punition de
l’excommunication, c’est la mort.
Dans certaines sociétés musulmanes, vous pouvez croire en Dieu, en son
Prophète et son message, il pourrait se trouver quand même, des gens, du
fait de la longueur de leur barbe, de leur taux élevé de fréquentation
de la mosquée, mais surtout et toujours (aberration suprême), du fait de
leur naissance, qui pourraient vous déclarer mécréant pour une raison
ou une autre sans que personne ne trouve rien à redire de peur d’entrer
dans une querelle avec une notabilité religieuse. Ceci au vingt unième
siècle.
Deux siècles après la Déclaration Universelle des Droits
de l’Homme, à laquelle tous les peuples ont adhéré. Soixante ans après
toutes les conventions internationales des Nations Unies
que la plupart des pays musulmans ont ratifiées. On peut aujourd’hui
vous mettre en prison sans que vous n’ayez fait de mal à personne, juste
du fait d’une interprétation admise localement d’un point de loi
religieuse. Et personne ne trouverai rien à redire de peur de vous être
associé de près ou de loin.
Même le Soufisme qui était une école d’élévation spirituelle qui visait à
créer une société harmonieuse par la formation d’individus harmonieux ;
par opposition à d’autres choix religieux communautaires qui n’ont rien
à faire de l’épanouissement de l’individu, pourvu que les lois soient
respectées, l’apparence préservée et l’ordre maintenu ; donc même ce
Soufisme là, est devenu affaire de confréries, de chefferies et de
pouvoir et hérité de pères en fils, indépendamment des aptitudes des
disciples, quelle qu’elles soient, lorsqu’il y en a.
Pire, aujourd’hui dans 80% des voies confrériques soufies de par le monde, de l’Inde au Sénégal, en passant par le Pakistan, l’Iran ou l’Irak, et de la Turquie au Nigéria, en passant par l’Egypte, la Mauritanie
et j’en passe, la quasi-totalité des prétendus disciples qui
fréquentent ce qu’on appelle les pôles religieux, le font pour obtenir
des bénédictions pour leurs épanouissements matériels et ne demandent à
rien apprendre qui puisse les élever spirituellement.
En plus, les chiites encore inconnus jusqu’à présent en Mauritanie, viennent de célébrer leur premier congres mauritanien, au vu et au su de tout le monde grâce a la protection de l’Iran. Qui protégeras les Hanéfites ? Qui protégera celui qui osera interpréter l’Islam autrement que Hanafi, Malick, Shaffii ou Ibn Hanbal ?
Ce qui me fait dire que la laïcité, qui au contraire de l’athéisme, ne
condamne aucune religion mais garantie plutôt la coexistence de
plusieurs confessions par la préservation des plus petits dénominateurs
communs comme la liberté et le droit à la propriété, peut être une
solution pour l’Humanité.
Je ne suis pas un aliéné pro-occidental, je pense même que l’Occident
aussi est en train, par réaction, de tomber dans certains excès. Si je
suis absolument et à 100% d’accord avec la décision des autorités
françaises d’interdire la prière dans la rue ou le port du niquab, je
trouve par ailleurs qu’il y a des incohérences scandaleuses. Parce que
si effectivement l’expression religieuse des uns et des autres ne
devrait intéresser personne jusqu’à s’étendre dans la rue, l’expression
de leur sexualité à travers les " gay pride " devrait encore moins intéresser les gens.
Soit
dit en passant, je n’ai rien contre les homosexuels ou les
hétérosexuels, ce n’est juste pas mon problème. Je trouve aussi que la
révolution sexuelle des années 60 qui a sorti, en occident, le sexe dans
la rue, peut être une agression. Non pas une agression contre les
religieux ou les conformistes, mais une agression contre le borgne
handicapé ou la laideronne à qui aucun homme ne sourira jamais, de voir
des gens s’embrasser dans la rue.
Oui, c’est aussi une incohérence, sinon une injustice d’interdire à des
jeunes filles, de se couvrir la tête à l’école, quand on permet à
d’autres de montrer leurs sous-vêtements à leurs professeurs et gare à
eux s’ils osent s’émouvoir.
Tout ce que je voudrais dire, c’est qu’il y a des équilibres à trouver
et qu’on se doit de repousser les dérives d’où qu’elles viennent.
Ceci dit, si on devait m’imposer de choisir entre vivre à Riyad ou Paris, je choisirai Nouakchott. Respectueusement vôtres,
Khaled Abass
La Voix des Quartiers de Nouakchott