27-02-2026 18:45 - Mauritanie : la candidature de Nouakchott à l’OIT refait polémique

Mauritanie : la candidature de Nouakchott à l’OIT refait polémique

Kassataya -- Les observateurs reviennent sur la candidature récente de la Mauritanie passée sous silence au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie OIT.

Cette candidature paradoxale n’est pas indifférente au niveau des réseaux sociaux qui relancent le débat sur la politique linguistique et identitaire de la Mauritanie dont le principal héritage est arabo-islamique avec une négation des cultures négro-africaines (pulaar, soninké et ouolof).

Une marginalisation dans les institutions malgré leurs poids démographique qui remonte à 1960 avec le président Mokhtar Ould Daddah, le premier à lancer l’arabisation du pays. L’arabe est devenue la seule langue officielle. Une constitution au départ qui discrimine les langues nationales. Cet instrument hégémonique a renforcé la domination symbolique des groupes arabophones.

Après plus de 65 ans d’indépendance, le français historiquement la langue des élites négro-africaines et arabophones, est en train de disparaître du moins politiquement sur fond d’un pays membre actif de la francophonie. En aspirant à diriger cette institution, Ould Ghazouani qui est en train de parachever l’arabisation joue un double jeu.

Cette incohérence est révélatrice d’une ambivalence politique qui s’inscrit dans un positionnement surtout pécuniaire au niveau des instances européennes et françaises voire diplomatiques. La Mauritanie a tout à gagner à reconnaître que sa richesse est dans sa pluralité — linguistique, culturelle, historique. Au lieu des faux-semblants.

Cherif Kane



Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 4
Lus : 443

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (4)

  • ouldsidialy (H) 28/02/2026 18:00 X

    @Hartaniya, Vous ébauchez des idées intéressantes. Essayer de réfléchir sur les liens trop directs que vous faites entre langue et développement économique d'une part et, de l'autre, entre langue et qualifications.

    1) Exemple : un mécanicien qualifié peut ne savoir ni lire ni écrire. De plus, la maîtrise d'une langue donne finalement peu de qualifications concrètes. Des locuteurs médiocres peuvent être très qualifiés en une matière, etc.

    2) Essayer ensuite de voir s'il y a des liens entre la langue et le mode de pensée, la représentation subjective du monde et la personnalité propre. Par là vous trouverez peut-être qu'être inscrit dans son propre schéma mental naturel (langue maternelle) peut faciliter les apprentissages, faire trouver des solutions plus adaptées à ses besoins sociologiques (penser l’organisation de travail) ou économiques.

    3) À l'inverse, accepter la position de locataire permanent d'une autre langue-monde pourrait participer au manque d’efficacité des intelligences africaines sur le concret du monde actuel.

    Amicalement,

  • Hartaniya Firilile (H) 27/02/2026 21:07 X

    Monsieur Kane, les Mauritaniens ont confondu l'acquisition du savoir avec la maîtrise d'une langue. Ils se sont retrouvés dans une impasse linguistique, ne sachant plus quelle voie emprunter pour intégrer le monde arabe et civilisé. À l'instar des mauritaniens sortant des écoles Irakiennes formés dans les écoles arabes, tels que les partisans du Baathisme et du Nassérisme, ils croyaient pouvoir générer de la prospérité en imposant l'arabe comme langue officielle. Ils ont réussi cette imposition linguistique sans pour autant atteindre le développement économique escompté. La réalité est que les Mauritaniens ne maîtrisent ni l'arabe classique ni le français, qui demeure pourtant leur langue de travail. Les personnes qui avaient autrefois pris cette mission d'arabisation au sérieux ont disparu, et leurs descendants, s'ils existent, ne parlent pas l'arabe mais plutôt le Hassanya, un dialecte qu'ils confondent erronément avec l'arabe classique.

  • Hartaniya Firilile (H) 27/02/2026 21:07 X

    Les Mauritaniens ont établi une corrélation erronée entre la langue et le développement. Depuis plusieurs années, le pays connaît une stagnation due à l'intégration dans l'administration de personnes insuffisamment qualifiées tant en arabe qu'en français. Ces fonctionnaires, dépourvus de formation adéquate, semblent davantage préoccupés par le détournement des fonds publics. Aujourd'hui, l'inertie est généralisée en raison d'une administration composée de personnes peu compétentes malgré leurs diplômes. Les bureaux sont souvent désertés faute d'activités substantielles, tandis que les directeurs cumulent plusieurs fonctions. Cette politique d'arabisation excessive a considérablement freiné le développement du pays. Les correspondances officielles, tant en arabe qu'en français, sont truffées d'erreurs et mal présentées, bien qu'on perpétue un système où le népotisme permet aux enfants de remplacer leurs parents absents des postes qu'ils occupaient.

  • Hartaniya Firilile (H) 27/02/2026 21:07 X

    Aujourd'hui, le véritable débat porte sur une incohérence fondamentale : les Mauritaniens ne sont ni arabes ni francophones pour prétendre diriger une organisation à vocation française. C'est là que réside le paradoxe de notre existence. Suite au déclin du français, les francophones ont quitté la Mauritanie pour d'autres horizons. Parallèlement, les Mauritaniens sont difficilement reconnus par la communauté arabophone, qui se sent étrangère en Mauritanie, comme désemparée dans un espace dépourvu d'essence vitale. Notre situation actuelle est regrettable, telle l'histoire d'une nation gouvernée par des dirigeants manifestement incompétents à tous égards.