20-02-2026 20:41 - Vidéo. Mauritanie. «Le prix de la viande est tellement monté qu’il touche le ciel»: la réalité terre-à-terre du Ramadan

Vidéo. Mauritanie. «Le prix de la viande est tellement monté qu’il touche le ciel»: la réalité terre-à-terre du Ramadan

Le360 Afrique -- Pourtant riche d’un cheptel des plus importants de sa région, la Mauritanie semble éprouver des difficultés à contenir le prix de la viande rouge dans des proportions qui soient à la portée du plus grand nombre de familles, notamment pendant le Ramadan. Faire ses courses au principal foirail de Nouakchott donne un avant-goût des factures salées qui accompagneront la rupture du jeûne.

Les Mauritaniens se targuent de disposer d’un cheptel estimé à plus de 20 millions de têtes pour une population d’à peine 5 millions d’habitants, avec à la clé l’un des ratios bétail/habitants les plus élevés au monde, il n’en demeure pas moins que la viande coûte chère, trop chère même, surtout quand on tient compte du pouvoir d’achat des citoyens.

Et à la veille du mois de Ramadan les prix des viandes de petits ruminants, de bovins ou de camelins ont flambé. Dans certains quartiers de Nouakchott, la viande du mouton a atteint les 400 ouguiyas (environ 10 dollars), celle du bœuf se négocie autour de 270 et celle du chameau autour de 250 ouguiyas.

Des prix très élevés et qui sont inaccessibles pour les familles nombreuses. Cela est particulièrement vrai durant le mois de Ramadan marqué par une hausse généralisée des prix des produits alimentaires, malgré les interventions des pouvoirs publics pour ce qui est de certaines denrées alimentaires (riz, huiles, légumes,...).

Consommateurs et bouchers expliquent cette flambée des prix en convoquant le bétail bien qu’abondant, les diverses taxes et l’esprit de spéculation pendant les périodes sensibles de la vie économique et sociale des mauritaniens, comme le Ramadan.



Ba Hamadi, client, a une histoire de petit bovin à raconter «je viens d’acheter un petit veau pour le Ramadan qui m’a coûté 16.000 ouguiyas. Il y a quelque temps, j’ai pris le même à 12.000 ouguiyas. Avec l’approche du Ramadan, les prix sont toujours trop élevés».

Pour sa part, Mohamed Meissara, boucher, a un tas de prix à relater, dont certains tutoient les cieux, «ici, nous vendons de la viande par tas. Le prix d’avant était à 500 ouguiyas. Mais aujourd’hui, il est à 700 ouguiyas.

Cette situation s’explique par le coût très élevé des animaux, qui atteint aujourd’hui le plafond. Il touche même le ciel. L’animal qui était vendu à 4000 ouguiyas, coûte aujourd’hui 7000 ouguiyas».

A noter que la viande rouge est très consommée en Mauritanie, surtout durant le mois de Ramadan. En moyenne, le Mauritanien consomme plus de 32 kg par an, le niveau le plus élevé de la sous-région.

Par Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)





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Commentaires (1)

  • ouldsidialy (H) 21/02/2026 15:34 X

    La hausse des prix de la viande rouge devrait être soutenue par les Mauritaniens, contrairement à toutes les autres. Il s'agit d'une offre ( la seule) de production, réellement nationale. Le consommateur peut financer la résilience d'une production viable de son pays. Il génère un argent largement résidant.

    1) Les demandes nationale et régionale sont en forte augmentation. Les couts de productions augmentent à cause du déficit fourragé du pays. La semi-intensification fait recours à des intrants couteux et une main-d'oeuvre peu productive.

    2) Des prix élevés sont susceptibles de freiner les exportations. Celles-ci ont un retour en devise faible pour la banque centrale.

    3) Un moindre gaspillage de consommation de viande peut améliorer l'équilibre alimentaire de la population. La hausse des prix de la viande incite la consommation de légumes, moins couteux.

    4) La hausse des prix de la viande rouge peut aider à résister à l'invasion, en cours, des viandes congelées. Les prix FOB au brésil et en Inde, sont encore proches du prix de vente de la viande rouge produite localement; Mais d'ores et déjà, le manque de capacité de valorisation de la viande locale a fait abandonner certains modes de consommation urbains à l'importation. Un surplus investi dans la transformation de la viande peut aider à contrer la viande rouge congelée.

    5) En revanche, les mauritaniens devraient " descendre dans la rue" en cas de hausse des prix du lait (sauf cru): ce n'est pas le leur. Ils devraient surtout refuser la "politique lait" de leur gouvernement. C'est du siphonage de leur argent pour financer l'agro-industrie des pays développés.

    6) La hausse des prix de l'alimentaire est récurrente durant ramadan. Au fait, en plus de jeuner par son cœur, son esprit et ses actes, le mois de Ramadan n'est-il pas celui de la retenue instinctuelle? Bon ramadan à tous.