05-12-2016 15:32 - Social/ sécurité routière, la Mauritanie loin des objectifs [PhotoReportage]
Au moins plus de deux cent personnes sont tués chaque année dans les accidents de la route en Mauritanie. La densité d’un trafic au-delà du supportable, les conditions de la circulation, la coexistence des différents types d’usagers de la chaussée, mais surtout « les mauvaises habitudes de conduite », sont entre autres paramètres qui entravent la sécurité des personnes et des biens sur la route. Reportage.
Si la route tue beaucoup, c’est surtout l’indiscipline, l’irresponsabilité, l’inconscience, la précipitation, la course contre la montre, et l’absence du respect du code la route qui sont le lot quotidien des mauritaniens. Voilà un pays ou la majeure partie des conducteurs jouent aux chauffards, rien que pour le plaisir.
Dans de grands centres urbains, comme Nouakchott, dont l’intensité du trafic, n’a d’égale que le nombre impressionnant de véhicules, chacun au volent de sa bagnole, veut arriver à destination par tous les moyens, même si les règles basiques du code de la route, doivent en pâtir.
Oui ! Dans le pays, le permis de conduire peut être octroyé sur un simple coup de fil, on se soucie peu du « sacrifice » en vie humaine de façon continue.
A la Direction des Transports, on est plutôt avare en propos, sur la question d’une amélioration de la conduite dans ce pays.
Ce n’est pas sans faute, d’avoir essayé de trouver des réponses à ce qui s’apparente à un jeu de quilles entre des voitures. Si au niveau de ce service, les cas de catastrophes, sont répertoriés, qu’en est-il du non respect du code en milieu urbain, ou c’est le comportement du conducteur qui est mis en cause ?
Le mauvais comportement des chauffeurs, qui n’hésitent pas de bruler au stop le feu rouge, sous le regard indifférent d’un agent de la sécurité routière, sont à classer dans la rubrique des mauvais comportements sur la route. En effet, nombre de conducteurs ne respectent pas le code de la route, ou alors ils méprisent tout simplement la règle de droit.
Devant un nombre impressionnant de bagnoles, la route est le point de jonction d’une importante partie de la population, mais semble aussi, échapper aux normes et codes en vigueur. Un flegme étatique qui en a fait une véritable jungle de la ferraille roulante, ou règne la loi du plus fort et du plus arrogant au volent.
Aux heures de pointe, insultes, gestes obscènes, manœuvres en pleine chaussée… Tout y passe. Un non respect et une indifférence totale du code. Par exemple, bon nombre de conducteurs utilisent le téléphone, sans prendre la précaution de « se ranger » correctement avant de décrocher, que dire de ce chauffeur qui conduit avec un pied levé, apposé près de son volent. Idem pour le port de la ceinture de sécurité qui peine toujours à entrer dans nos habitudes. Voilà autant de dangers pour tous les usagers de la route.
S’il y a un dispositif visant à faire face à ces manquements, au niveau de la direction des transports, tout, porte à croire que son application pose problème. Moralité pour moralité, le mauritanien, ne semble cultiver un esprit civique au volent d’un véhicule. Il se permet au volent, des audaces qu’aucun n’oserait faire dans les pays limitrophes.
Des infrastructures routières en déca de la demande.
Si la Mauritanie est l’un des pays qui dispose des plus beaux véhicules dans la sous région, elle a peu de routes fiables pour son trafic. Récemment, des manifestations ont eu lieu pour secouer les autorités de « venir en aide » à la route de Rosso. Une route entamée avant la dernière présidentielle, et « oubliée » pour le grand malheur des usagers.
Dans la capitale, avant le dernier sommet de la Ligue Arabe, Nouakchott, a bénéficié d’infrastructures mal adaptées. A certains endroits, des trottoirs mal adaptés qui rendent la chaussée étroite et aggravent par conséquent la concentration urbaine et les risques d’accidents. L’intensité du trafic amène quelques cassent-cou à doubler à droite comme à gauche, obligeant les autres véhicules venant en sens inverse de quitter la chaussée.
Corruption et manque d'autorité policière :
Face aux « viols » délibérés et récurrents des normes élémentaires de bonne conduite, la répression, seule arme efficace, est vidée de sa substance dissuasive du fait de la corruption. Les infractions les plus arrogantes se monnayent sur les routes en Mauritanie. Le fléau est devenu endémique tant les mauvaises habitudes sont devenues règles.
Le laxisme des autorités, l’insouciance des chauffeurs, la récurrence des accidents ont ainsi développé chez certains « le règlement à l’amiable » de toutes les entraves au code de la route. En ville, ce sont des policiers/mouskharous, qui le plus souvent n’ont aucune connaissance matérielle automobile, qui vous contrôlent sur la route, sans vous demander de vous garer à droite, faisant le blocus à tous les véhicules qui vous suivent.
On ne se gène pas de vous « soulager » de quelques billets. Comme ces conducteurs du dimanche, la sécurité routière, a besoin de la formation initiale indispensable, lui permettant de travailler avec une conscience professionnelle et un respect de la déontologie.
Le constat reste qu’ils marchandent le plus souvent et cela cause des problèmes à un trafic routier qui doit être assaini. Force est de constater que nous sommes loin du compte.
ADN
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