16-09-2016 23:15 - Environnement : Le retour en force du sachet plastique

Environnement : Le retour en force du sachet plastique

Le Calame - Les sachets plastiques, interdits depuis quelques années en Mauritanie, ont la vie dure. Ils refusent de disparaître malgré une loi les interdisant et les quelques mesures prises pour rendre effective l’application de la loi anti-matière plastique.

Partout dans nos marchés, ils sont visibles. A la veille de la fête du mouton, les vendeurs ambulants de ces sachets écumaient nos marchés ; ils offraient à tous les ceux qui, venus s’approvisionner à la veille de la fête, ce produit d’emballage, interdit par le gouvernement de la République.

Il y a quelque temps, on les vendait sous le manteau ou, disons, sous le boubou. Partout dans nos grands marchés et dans les boutiques de presque tous les quartiers périphériques de Nouakchott, des revendeurs offraient, au nez et à la barbe des forces de l’ordre cette matière plastique.

Les descentes de la police de l’environnement dans les marchés n’ont pas réussi à dissuader les commerçants alimentés et par la fraude aux frontières sud et est du pays voire même par des unités de production cachées dans certains endroits de Nouakchott ou des stocks dissimulés.

Pourtant, les producteurs et importateurs avaient disposé de près d’une année pour écouler leurs stocks disponibles au moment où le gouvernement a décidé d’interdire les sachets en plastique.

Pourquoi la Mauritanie n’a pas réussi à faire autant que le Rwanda ? Dans ce pays, on ne rencontre aucun sachet plastique. Même les étrangers sont priés de s’en débarrasser à l’aéroport ou aux frontières terrestres. La loi est draconienne dans ce pays réputée aujourd’hui comme étant le plus propre de l’Afrique.

En Mauritanie, le laxisme d’état entrave la mise en œuvre de nos lois. Le comité interministériel composé du ministère de l’environnement, de l’intérieur, des finances et du commerce et de la santé reste inefficace.

Si le département de l’environnement dispose de quelques maigres moyens – 0,6% du budget de l’Etat - pour mettre en œuvre cette interdiction, ces autres homologues traînent les pieds.

Le développement de la fraude qui inonde le marché mauritanien de cette matière nocive s’expliquerait aussi par le fait que les unités de fabrication des produits de substitution, notamment en papier ou autres produits biodégradables n’a pas bien suivi la mesure gouvernementale.

Il s’ajoute à cette carence gouvernementale, l’indiscipline des citoyens mauritaniens, réfractaires à la loi. Normal, parce qu’à chaque fois qu’une mesure est prise, une loi adoptée, ce sont ceux censés l’appliquer ou la défendre qui la foulent au pied.

Rappelons enfin que l’importation, la commercialisation, et l’utilisation des sacs et sachets plastiques d’emballages en Mauritanie sont officiellement prohibés, depuis le 1er janvier 2013, par la loi N° 157-2012. Cette loi interdit la fabrication, la commercialisation et l’usage des sacs en plastique, prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à un million d’Ouguiyas. La décision de la Mauritanie intervient après celle de plus 8 autres pays africains, surtout du centre et de l’Est.

Désormais donc, tous ceux qui seraient impliqués dans la fabrication, l’importation, la distribution, la commercialisation et l’utilisation des caisses et sachets plastiques seront durement réprimés. La production locale ne couvre que 10% des besoins du marché, les 90 % restants proviennent de l’importation.





Les articles, commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité


Commentaires : 2
Lus : 2397

Postez un commentaire

Charte des commentaires

A lire avant de commenter! Quelques dispositions pour rendre les débats passionnants sur Cridem :

Commentez pour enrichir : Le but des commentaires est d'instaurer des échanges enrichissants à partir des articles publiés sur Cridem.

Respectez vos interlocuteurs : Pour assurer des débats de qualité, un maître-mot: le respect des participants. Donnez à chacun le droit d'être en désaccord avec vous. Appuyez vos réponses sur des faits et des arguments, non sur des invectives.

Contenus illicites : Le contenu des commentaires ne doit pas contrevenir aux lois et réglementations en vigueur. Sont notamment illicites les propos racistes ou antisémites, diffamatoires ou injurieux, divulguant des informations relatives à la vie privée d'une personne, utilisant des oeuvres protégées par les droits d'auteur (textes, photos, vidéos...).

Cridem se réserve le droit de ne pas valider tout commentaire susceptible de contrevenir à la loi, ainsi que tout commentaire hors-sujet, promotionnel ou grossier. Merci pour votre participation à Cridem!

Les commentaires et propos sont la propriété de leur(s) auteur(s) et n'engagent que leur avis, opinion et responsabilité.

Identification

Pour poster un commentaire il faut être membre .

Si vous avez déjà un accès membre .
Veuillez vous identifier sur la page d'accueil en haut à droite dans la partie IDENTIFICATION ou bien Cliquez ICI .

Vous n'êtes pas membre . Vous pouvez vous enregistrer gratuitement en Cliquant ICI .

En étant membre vous accèderez à TOUS les espaces de CRIDEM sans aucune restriction .

Commentaires (2)

  • gacef12 (H) 23/09/2016 12:02 X

    Au Rwanda, l’engagement de l’Etat était réel, toutes les administrations impliquées se sont versées dans la mise en œuvre de l’opération sans recul : les frontières du Pays fermées par la Douane et les service de sécurité, jamais aucun ZAZOU ne peut entrer au territoire d’Akagamé, les usines sont fermées, le contrôle des marchés est quotidien, tous les moyens nécessaires à l’opération sont mis en place, alors qu’en Mauritanie ZAZOU fait l’affaire du Ministère de l’Environnement sans aucun appui

  • a.bennan (H) 17/09/2016 23:41 X

    Un collegue commercant m'a confirme que les sahrawis en vendent a gogo dans les villes du nord.