06-07-2016 19:30 - Coupures intempestives d'électricité à Nouakchott : Où se situe le problème ?
Tawary - La capitale mauritanienne, Nouakchott, est présentement en proie à de fréquentes coupures prolongées d'électricité, faisant craindre aux habitants le spectre des coupures intempestives de 2009.
En début de semaine, le phénomène a été particulièrement dur pour certains quartiers de la périphérie qui ont passé toute la nuit du mardi et la journée sans courant, avant de se voir à nouveau privés d’électricité pendant une partie de la journée du mercredi, jour de la fête.
Selon un technicien qui a préféré garder l’anonymat, après avoir usé tous nos moyens pour joindre l’un des chefs de la SOMELEC, la hausse de la température impose des arrêts de révision, de réduction de puissance ou du rythme de fonctionnement des moteurs.
Ce sont ces interruptions qui réduisent les marges de manœuvre dans la production et perturbent la continuité du service d’où, les présentes coupures intempestives de courant. Cependant, assure ce technicien, face à ces facteurs, il n’y a pas autre choix que de couper.
Le scénario auquel on assiste présentement, n’est ni un manque de volonté, ni l’absence du souci de bien faire, insiste-t-il. Il est aussi provoqué par certains travaux majeurs comme le renouvellement des lampadaires et le contrôle de certains branchements qui se situent dans la zone du Centre international des conférences de Nouakchott (palais des congrès), a-t-il dit.
Depuis le début du mois, la population de la capitale Nouakchott, de même que celles de certaines villes de l’intérieur comme Sélibaby au Guidimakha, Kankossa en Assaba, ont subi en cette période de chaleur des coupures répétées de l’électricité qui ont duré plus de 48 heures, selon les échos qui nous sont parvenus de ces villes. Entre gronde des consommateurs et cette situation difficile non encore solutionnée, le ministère de l’énergie et la direction générale de la société mauritanienne de l’Electricité (SOMELEC) jouent la politique du silence.
Retour sur la situation actuelle qui est loin d'être des meilleures
Lundi 4 juillet, il est 19h, tous les quartiers périphériques, au sud-est de la wilaya Nouakchott-Sud sont dans le noir. Après plusieurs séances de coupure répétées, les habitants s’interrogent les uns les autres. « Comment dormir dans ces conditions ? » qui visiblement n’en pouvaient plus de cette situation. Dans les rues, les familles, les quartiers, c’est le remue-ménage et chacun retourne aux moyens d’éclairage d’autrefois. Un peu plus loin dans le nord-est de la capitale, les secteurs de Mellah à Toujounine et les zones du Tarhil à Riad, où, la peur règne, les riverains attendent de pied ferme, l’heure fatidique à laquelle où, la lumière jaillira des ampoules . En vain !
Plus loin de ce monde, dans cette zone de la capitale considérée comme l’un des quartiers luxueux, les populations aux dernières heures du mois du ramadan s’interpellent non seulement sur la coupure de l’électricité mais celle de l’eau qu’elles utilisent grâce au suppresseur « C’est du n’importe quoi tout ça ! En cette période de chaleur nous n’avons ni eau ni électricité dans nos foyers », se plaint A.C, un cadre dans un département ministériel. Comme lui, nombreux sont les gens qui disent ne pas comprendre ces coupures prolongées. Pourtant, au niveau des ministères de l’énergie et de l’hydraulique, les responsables ont toujours dit à qui veut l’entendre que les dispositions avaient été prises afin d’éviter que la population ne subisse de situations pareilles à chaque fois qu’ils apparaissent devant le public et tout dernièrement à Néma.
Alors, durement ressenties en cette période de forte canicule, les coupures répétitives d'électricité, sans préavis, provoquent des grincements de dents chez les populations de Nouakchott qui n'ont d'autre choix que de prendre religieusement leur mal en patience.
«Cette société n'a aucun respect pour ses abonnés » lance cet épicier du coin qui déclare avoir perdu la valeur de 500 milles ouguiays en mois de 12 heures. Le propriétaire de ce dépôt de vente de produits frais, souligne que « ces coupures sont faites de façon anarchique et sauvage ». Maimouna, la responsable d’une poissonnerie, qui avait rempli la veille ses congélateurs de poissons, a confié à Tawary.com, qu’une grande partie de son produit s’est détériorée. Ceci dit un tailleur au marché de Sebkha, ces coupures récurrentes et imprévues nous ont causé des pertes importantes en plus nous avons marqué le rendez-vous fixé à nos clients à propos de leurs habits de fête. Dans certains quartiers, certains foyers ont cité comme conséquences de ces coupures des ventilateurs, des moteurs de réfrigérateurs, des ampoules grillés.
Ce qui est énervant dans tout cela est qu’aucun responsable du ministère de l’énergie ni de la direction générale de la SOMELEC n’a eu le moindre respect pour les populations qui s’acquittent régulièrement de leurs factures pour leur annoncer à la télévision ou à la radio, un avis de coupure d’électricité.
Alors va-t-on rapide ou lente (ment) vers une amélioration de la situation ?
Aboubecrine SIDI
