02-07-2016 18:00 - Des OSC demandent un moratoire dans le foncier

Des OSC demandent un moratoire dans le foncier

Le Calame - Des organisations de la société civile regroupées au sein du Forum National des Droits Humains (FONADH), personnalités politiques et religieuses ont exigé, jeudi 30 juin, du gouvernement mauritanien la suspension pendant au moins cinq ans, de « toute location ou cession des terres dans les zones rurales à des fins d’investissement agricole».

Cette demande a été formulée au cours d’un atelier national de présentation de l’argumentaire pour un moratoire accordant une suspension des actes rétributifs des terres rurales dans la Vallée du fleuve, organisé par le FONADH, en collaboration avec la coopération espagnole et OXFAM.

« La gouvernance foncière doit être consensuelle ou explosive», déclare Sarr Mamadou, président du FONADH. Pour Isselmou Ould Abdel Kader, « le gouvernement s’ennoblirait dans une action historique qui permettrait de procéder à un moratoire foncier ».

L’ancien gouverneur demande aux partenaires au développement d'éviter de financer les injustices susceptibles de perturber le climat social. Cet appel s’adresse aux autorités publiques mauritaniennes, aux élites nationales, économiques, culturelles et sociales, ainsi qu’aux autres organisations de la société civile pour que « le mode de gouvernance de nos ressources foncières, hydriques et pastorales ne continue pas d’hypothéquer gravement le développement de notre pays », assurent les initiateurs.

« Une telle prudence en matière d’économie des ressources naturelles, notamment foncières, est recommandée par toutes les institutions internationales spécialisées par souci de relever le défi de la raréfaction desdites ressources et de l’explosion démographique sans précédent à l’échelle planétaire ».

Cet arrêt pourrait permettre au gouvernement de tirer profit de l’expérience de 1999 qui permit de procéder avec l’appui de ses partenaires, à faire un bilan de l’application de sa réforme foncière. « Le décret pris à la lumière de ce bilan eut, entre autres mérites, celui d’assagir la gestion foncière en y impliquant davantage les organisations de la société civile, en prévoyant des réserves foncières communautaires non cessibles aux demandeurs individuels de terres rurales et en instituant un nouveau mode de reconnaissance des droits coutumiers couronné par la délivrance de certificats de propriété», indique Isselmou Ould Abdel Kader, consultant et ancien ministre.

Cet arrêt pourrait, selon lui, permettre de refaire le bilan de l’application de notre cadre juridique foncier pour savoir comment l’enrichir et l’adapter aux besoins nouveaux de l’évolution du secteur agricole et de la société mauritanienne. Mais aussi de redéfinir un nouveau mode de gouvernance foncière de manière à faire de la terre un instrument de cohésion nationale et de libération sociale et non pas une source de conflits intercommunautaires, précise-t-il.

Ce moratoire permettra d’évaluer les moyens à mobiliser pour protéger le potentiel irrigable, de définir la taille des exploitations agricoles ; de recenser tous les droits fonciers des particuliers et les immatriculer ; d’étudier et d’entreprendre une vaste campagne de remembrement dans certaines zones.

De l’avis de ses initiateurs, cet appel doit «être considéré comme une manifestation d’attachement à l’unité du peuple mauritanien, à sa cohésion sociale, à la justice et à la paix. Il n’a aucun mobile politique, tribaliste régionaliste ou racial, clarifient-ils.




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Commentaires (6)

  • moukhabarat (F) 04/07/2016 15:13 X

    L'intervention d'Isselmou Ould Abdelkader est réaliste. Mais les toucouleurs qui sont les principaux animateurs du Fonadh sont manipulés par leurs cousins de la rive gauche qui veulent appliquer le modèle de gestion des terres en vigueur au Sénégal. Pour mémoire au Sénégal les terres de la vallée sont gérées quasi-exclusivement par les communautés rurales (toucouleurs surtout) et l'Etat n'a rien y avoir.

  • cccom (H) 02/07/2016 20:45 X

    FONADH, Isselmou et Sarr, si l’Etat et le secteur privé national arrivent à découvrir que l’exploitation de palmeraies modernes dans la zone d’amessagua et Inchiri (objet du Projet intégré Edu-Agri que j’essaie d’en convaincre le Gouvernement) peut réaliser un revenu à l’ha 10 à 30 fois plus élévé et 10 à 30 fois moins cher que ceux de l’ha du riz dans la vallée, vous aurez moins de souci du fait de l’intérêt de l’Etat et du secteur privé vers le Nord. De toute façon c’est une question de temps. Le potentiel des oasis modernes non exploité sera bientôt valorisé. cheikhany_ouldsidina@yahoo.fr

  • hayerim (H) 02/07/2016 19:38 X

    Et si on demandait, au nom du partage des ressources entre les communautés, de revirer les dividendes des exploitations des minerais et des ressources halieutiques aux seuls originaires des régions du nord et de la côte, eux, restés pauvres et démunis en majorité et dont les terres et richesses n'ont servi que les autres populations et communes de la RIM

  • a.bennan (H) 02/07/2016 19:00 X

    Qui etes-vs pour "exiger"...la terre appartien a l'Etat et au peuple et certainement pas aux petits separatiste.plutot de gros paresseux.

  • hayerim (H) 02/07/2016 18:37 X

    Il faut être clair: la terre appartient à l'Etat au sud comme au nord de la RIM. Sinon, personne de la vallée ne doit pêcher à nktt ou au travailler au nord, ou ne doit posséder des terres, des villas ou simplement une maison à nktt ou ailleurs. Est ce que ce moratoire ne justifierait pas que les gens du Nord et ceux de le côte demandent, eux aussi, aux parents de Sarr de quitter le bled et rembourser tout ce qu'ils ont mangé et pillé des richesses.. et des terres de ces contrées dont la majorité écrasante est misérable et sans ressources. Pourquoi Sarr & Co ne parlent pas de ceux là? Il faut être clair, soit on traite tous le problèmes pour la nation et uniquement pour la nation, soit on se dirige vers le communautarisme dans lequel les 'blancs' veulent absolument nous cantonner et alors la FONDH doit réfléchir à toutes les communautés pour être crédible et ne pas apparaître comme une marionnette ou une prostituée politique, image qu'elle dit éviter...sans succès jusque là.

  • lass77 (H) 02/07/2016 18:33 X

    En tout cas que les pays du golfe cessent de semer la haine en Mauritanie avec leurs pétrodollars. S'ils veulent de terre arables pourquoi ne pas associer les agriculteurs mauritaniens au lieu de ça le gouvernement méprise ses propres citoyens. Ça ne se passe qu'en Afrique ces genres de pratiques la Mauritanie n'est pas la seule,l'Éthiopie, le mali, Djibouti , la Rdc etc...font la même chose .