06-12-2015 18:00 - Le résultat final de Paris et les besoins de l’Afrique en matière d’adaptation [PhotoReportage]
Jeunesse Mauritanienne - Cet événement était axé sur les résultats potentiels de la COP 21 et sur les besoins du continent africain en matière d’adaptation et les experts impliqués associés au Groupe des négociateurs africains (GNA).
Mithika Mwenda, secrétaire général, PACJA, a modéré la session et a commencé en disant que le projet de texte final de la COP 21 a déjà 50 pages "pleines d’un nombre tellement important de crochets et d’options qu’il en est devenu probablement agrammaticale".
Il s’est demandé comment les désaccords allaient pouvoir être résolus dans les moins de 10 jours qui restent d’ici la fin du sommet.
Seth Osafo, ancien conseiller juridique principal, CCNUCC, a expliqué la genèse des négociations, se concentrant sur les compromis qui ont été atteints suite au retrait du Japon et du Canada du Protocole de Kyoto.
Ce qui se passe aujourd’hui, a-t-il déclaré, est un effort visant à obtenir de l’ensemble des pays qui ne sont pas parties au Protocole de Kyoto de s’engager dans un nouvel accord.
Il a exclu la possibilité de créer de nouveaux instruments juridiques, comme un cadre ou un amendement, et a souligné qu’à Paris, les Parties ne parlent que d’un accord, "mais qu’un accord peut contenir quelque chose comme il peut contenir rien du tout".
Il a déploré que la question de la différenciation, qui figure à l’article 3 de la CCNUCC, ait été mise de côté, et a signalé que les principes d’imputabilité historique, de responsabilités communes mais différenciées (RCMD) et de capitaux propres étaient en fait déjà acceptés dans la Convention.
Tosi Mpanu-Mpanu, ancien président, GNA, a déclaré que la question de la différenciation est une ligne rouge pour le GNA. Selon la science, les pays industrialisés ont une responsabilité historique dans le changement climatique.
Se référant au Protocole de Kyoto, il a affirmé que les pays de l’annexe II ont une "dette climatique" vis-à -vis des pays en développement. Il a précisé que le paysage de la finance climatique pour l’après-2020 n’est pas encore clair et que le chiffre de 100 milliards de dollars, proposé par les États-Unis pour le financement climatique, représente simplement le plancher minimum.
Il a comparé et contrasté les contributions prévues fixées au niveau national (INDCs) susceptibles de devenir juridiquement contraignantes, avec l’absence d’un mécanisme financier juridiquement contraignant.
Aminata Niang, membre du Parlement panafricain, a exprimé l’espoir de voir la COP 21 à Paris être en mesure de rétablir la confiance en les processus multilatéraux après l’échec de Copenhague. Elle a souligné que le temps est venu, pour l’Afrique, d’avoir, un accord ambitieux équitable, traitant de l’adaptation, de l’atténuation, du transfert de technologie et du renforcement des capacités.
Lidy Nacpil, coordinatrice régionale, Jubilé Sud, a exprimé sa solidarité des groupes de la société civile asiatique avec l’Afrique et a souligné que, beaucoup en Asie, comptent sur le leadership du GNA à la CCNUCC. Elle a déploré la stratégie de négociation des pays industrialisés riches, qui consiste à "affaiblir les pays en développement en les divisant".
Les pays en développement ont l’autorité morale, dit-elle, d’appeler les gouvernements riches à rendre compte des "promesses livrées qui ne sont même pas la moitié de leur juste part". Elle s’est référée au rapport" Evaluation de l’OSC sur l’équité des contributions prévues fixées au niveau national", affirmant qu’il montre que les pays industrialisés font marche arrière sur leurs engagements.
Elle a souligné que les négociateurs doivent insister sur une intensification des objectifs de financement et ne pas appeler cela une "aide".
Maria Phiri, experte des questions de parité et de changement climatique, Marché commun d’Afrique orientale et australe (COMESA), a parlé du Groupe africain sur la parité et le changement climatique, plate-forme gérée par les parties prenantes régionales à travers l’Afrique.
Elle a signalé qu’à la COP21, la question de la parité se trouve ancrée dans celles de la responsabilité historique et de l’équité. Elle a encouragé le résultat final de Paris à être sensible à la parité et tourné vers l’action concrète.
Les membres du l’audience ont soulevé des questions sur, notamment: l’étiquetage de l’aide publique au développement en tant que financement climatique, le point de savoir si oui ou non Paris risquait de s’avérer un autre Copenhague, et les « lignes rouges » pour le GNA.
Organisé par: L’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA)




