01-11-2012 06:01 - Tunisie: des salafistes armés dans le quartier touché par les violences

 Tunisie: des salafistes armés dans le quartier touché par les violences

Des salafistes présumés, certains armés de couteaux, étaient rassemblés mercredi dans la banlieue de Tunis, théâtre de violences la veille, et aucun dispositif de sécurité n'y a été déployé contrairement aux dires des autorités, selon une journaliste de l'AFP.

La foule composée de plusieurs dizaines de personnes était présente toute la journée aux abords de la mosquée Ennour du quartier de Douar Hicher (La Manouba, banlieue de Tunis), où des affrontements entre policiers et islamistes ont fait un mort mardi dans les rangs des salafistes, selon un bilan officiel.

Une source policière, interrogée par l'AFP, a indiqué que deux personnes étaient mortes dans les heurts, ce que dément le ministère de l'Intérieur. Plusieurs médias tunisiens, dont l'agence officielle TAP, évoquent aussi deux morts en citant des sources sécuritaires.

Les heurts avaient éclaté mardi soir après des attaques de salafistes jihadistes présumés contre deux postes de la gendarmerie qui voulaient protester contre l'arrestation d'un des leurs soupçonné d'avoir blessé un membre des forces de l'ordre, selon le ministère de l'Intérieur.

Mercredi, aucun dispositif de sécurité particulier n'était visible dans le secteur de Douar Hicher, alors que le ministère de l'Interieur a affirmé que d'importants renforts policiers et militaires avaient été déployés.

Des militants salafistes à Douar Hicher ont indiqué à l'AFP être préparés à de nouveaux affrontements. On ne va pas laisser le meurtre d'hier sans réaction, a affirmé l'un d'eux.

Un autre, âgé d'une vingtaine d'années, a reconnu que les violences de mardi avaient été déclenchées par l'interpellation de plusieurs salafistes, tout en estimant que ce n'est pas une raison de tirer dans la tête d'un Tunisien.

Le parti islamiste Ennahda, qui dirige le gouvernement, a réagi aux violences de manière ambiguë. Il a appelé au calme et noté que l'Etat a le droit de faire face à toute menace à la paix sociale tout en disant prier pour le citoyen tunisien mort dans l'attaque de postes de police.

Ennahda est régulièrement accusé de faire preuve de complaisance à l'égard des salafistes jihadistes, une branche rigoriste de l'islam sunnite responsable de nombreux coups d'éclats, certains sanglants, depuis la révolution de 2011.

Les violences de mardi sont les plus graves impliquant la mouvance salafiste depuis l'attaque le 14 septembre de l'ambassade des Etats-Unis.

Le ministère de l'Intérieur a averti que les forces de sécurité recouraient à tous les outils permis par la loi en cas de nouvelles violences, laissant entendre que des balles réelles seraient utilisées le cas échéant.

Après l'attaque de l'ambassade américaine, les autorités ont assuré être déterminées à lutter contre les militants violents de la mouvance salafiste.

L'état d'urgence est en vigueur en Tunisie depuis janvier 2011 et la révolution qui a renversé le président Zine El Abidine Ben Ali dont les forces réprimaient sans concession les islamistes, qu'il s'agisse de salafistes ou de membres d'Ennahda qui se posent en tenant d'un islam politique modéré.

AFP

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Tunisie: l'état d'urgence prolongé jusqu'à fin janvier 2013

Tunis - La présidence tunisienne a indiqué prolonger de trois mois l'état d'urgence jusqu'à fin janvier 2013, contre un mois habituellement, a annoncé l'agence officielle TAP mercredi, une décision semblant signifier une détérioration des conditions de sécurité en Tunisie.

Le président de la république provisoire Moncef Marzouki a décidé mercredi de prolonger de trois mois l'état d'urgence à compter du 1er novembre 2012, a indiqué l'agence TAP.

Cette décision a été prise sur proposition de cadres sécuritaires et militaires et après concertation avec le chef du gouvernement provisoire (Hamadi Jebali) et le président de l'Assemblée nationale Constituante Mustapha Ben Jaafar, selon la même source.

L'état d'urgence, qui accorde des pouvoirs d'intervention accrus aux forces de l'ordre et à l'armée, est en vigueur en Tunisie en janvier 2011 et la fuite du président Zine El Abidine Ben Ali à l'issue d'une révolution.

Depuis juillet, il n'était prolongé que par tranche de 30 jours, et les autorités assuraient que cela témoignait d'une amélioration des conditions de sécurité.

Mais depuis plusieurs semaines, les incidents violents, parfois sanglants, se sont multipliés en Tunisie. Les plus graves ont impliqué des groupuscules islamistes radicaux.

Mardi soir, un salafiste présumé a ainsi été tué dans l'attaque de deux postes des forces de l'ordre dans la banlieue de la capitale tunisienne. Le 14 septembre, des centaines de militants de cette mouvances ont pris d'assaut l'ambassade des Etats-Unis (quatre morts parmi les assaillants).

Des manifestations motivées politiquement ou par des revendications économiques dégénèrent aussi régulièrement en Tunisie.

Ainsi le 18 octobre, un responsable du parti d'opposition Nidaa Tounès à Tataouine (sud) est mort en marge d'affrontements entre ses partisans et des manifestants proches des islamistes au pouvoir.

AFP via Romandie News (Suisse)



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