11-06-2012 07:50 - Biram Ould Dah : au nom d’Allah

 Biram Ould Dah : au nom d’Allah

Des regrets et des excuses ! En faisant acte de repentance, le leader d’IRA, M. Biram Ould Dah s’ouvre les portes du pardon et prend une sérieuse option pour la libération et l’absolution. Repentance, pardon, absolution. Ces mots figurent en bonne place dans le registre de la religion, en l’occurrence, celle qui a été invoquée pour priver les militants d’Ira de leur liberté.

Mais au nom de l’Islam et d’Allah qui ont été convoqués sans cesse depuis l’incinération des livres du rite malékite, il y a obligation aujourd’hui de libérer les militants incarcérés.

Plusieurs voix se sont exprimées ces dernières semaines au nom de Dieu. En Son nom toujours, elles en ont appelé à « un châtiment exemplaire ». Les excuses et le repentir du leader d’IRA les obligent à reconsidérer leur position. Au nom d’Allah justement.

Sauf à vouloir se mettre en contradiction avec les textes convoqués pour justifier la détention des militants d’IRA, leurs geôliers se doivent de les élargir. Parce qu’Allah, que nos ayatollahs prennent en otage, est Ar-Rahman (tout miséricordieux), Ar-Rahim (très miséricordieux), As-Salam (Paix), Al-Ghaffar (qui absout beaucoup), Al-Ghafour (qui pardonne), At-Tawwab (qui ne cesse d’accueillir le repentir), Al-Affuw (Indulgent)…

L’Islam, dont certains se servent dans cette affaire pour justifier la détention des militants de IRA, véhicule des valeurs qu’on ne peut réadapter opportunément et au gré des circonstances. "… Qu'ils pardonnent et absolvent. N'aimez-vous pas que Dieu vous pardonne? Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux!" (Coran, an-nour, 24 : 22).

Même dans des cas extrêmes, l’histoire de l’Islam montre qu’il y a cohérence entre ce qui était professé et ce qui était fait, malgré les arrangements que les hommes pouvaient trouver pour tourner les situations à leur avantage, contre l’esprit des Textes. Nos autorités ne peuvent se dérober à cette obligation de pardonner, dès lors qu’il y a repentir et demande de pardon.

C’est ce principe qui a conduit le Prophète et l’Islam à accepter la demande de pardon de Wahchi qui, pour recouvrer sa liberté, avait tué Hamza Ibn 'Abd AI-Muttalib en exécution d’une commande des dignitaires mecquois. Les militants d’IRA n’ont pas commis d’actes que des regrets et une demande de pardon ne peuvent réparer. Sauf si la raison de leur incarcération se trouvait ailleurs.

Il est de notoriété publique que l’incinération a donné au pouvoir une occasion inespérée de se remettre en selle, tout en se débarrassant d’une organisation qui était devenue une véritable épine dans son pied. La réprobation générale qui avait suivi l’acte a été exploitée à un rythme tel que même les plus virulents contempteurs des militants d’IRA avaient fini par ranger leurs critiques, pour éviter de participer au lynchage public.

Maintenant que plus rien ne justifie leur incarcération, il y a fort à parier que la situation pourrait connaître un retournement. Parce que l’injustice et le fait du prince sont aussi de nature à provoquer l’indignation et la révolte ; au profit de ceux qui sont victimes des abus des puissants.

Si les militants d’IRA restaient en prison, après ces excuses et ce repentir, ce serait certainement pour autre chose que ce dont on les a accusés après l’autodafé des livres du rite Malékite.

Abdoulaye Diagana


Commentaires : 9
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Commentaires (9)

  • assounni (H) 11/06/2012 14:19 X

    La bande d'extremites exilés économiques doit savoir qu'ici en Mauritanie la république est islamique. Et la seule manière d'absoudre votre ami, c'est qu'il demande pardon à Allah et s'engage à ne jamais repeter son acte criminel et exprime publiquement ses regrets de la même manière qu'il l'a exprimé le jour de l'autodafé des livres sacrés du rite malekite.

    Puis ce n'est pas votre violence qui vous rendra plus convainquant ni plus credible crédible.

    WA SALAMOU ALA MENITABA AL HOUDA

  • mamadousow100 (H) 11/06/2012 12:21 X

    Clair et limpide, monsieur Diagana. Quelqu'un qui regrette son acte et demande pardon, c'est la fin de l'affaire.

    Maintenant il reste à savoir si les Mauritaniens vont oublier facilement et tourner la page. mais ça c'est une autre affaire, ce n'est plus l'affaire de la justice. Il faut libérer ce monsieur.

  • demba04 (H) 11/06/2012 11:54 X

    Biram est arrêté pour autre chose. Je remercie Abdoulaye Diagana de mettre le doigt sur ça et de rappeler que Biram doit être pardonné au nom de l'Islam, au nom d'Allah. Il faut continuer la mobilisation.

    Biram est devenu un symbole de l'injustice du régime. C'est vrai qu'il a commis une faute, il l'a reconnu lui-même et a demandé pardon. C'est terminé.

  • ifradiallo (H) 11/06/2012 11:44 X

    La vérité va finir par sortir un jour. On va savoir si Biram est emprisonné pour les livres brûlés ou pour autre chose comme l'écrit si bien Abdoulaye Diagana. Heureusement qu'il y a des plûmes et des esprits indépendants qui ne se laissent pas avoir. Nous observons.

    NB: D'accord avec le NB de filddubled60. Si un signe de grandeur de la part de Diagana qui montre qu'il est professionnel et pas rancunier. Bravo.

  • moussarim (H) 11/06/2012 11:35 X

    Entièrement d'accord avec Abdoulaye Diagana. Pourquoi s'acharner sur Biram comme ça? Certains ont profité d'une occasion pour régler des comptes. Ce n'est pas normal.

    En plus vous mettez le nom d'Allah dans cette histoire. Si c'est au nom d'Allah que vous avez fait ça maintenant vous devez libérer Biram pour les mêmes raisons comme l'a si magistralement démontré Abdoulaye Diagana.

  • filddubled60 (H) 11/06/2012 11:09 X

    Merci, Abdoulaye Diagana, toujours brillant et grand. Vous avez bien fait de rappeler que nos érudits doivent bien rester logiques avec eux-mêmes. Biram a expliqué qu'il ne voulait pas choquer, que son geste a été mal compris et que donc il présente ses excuses. Le débat est clos normalement. Merci d'avoir rappelé tout ça.

    NB: Je suis content de voir aussi que vous n'en voulez pas à Biram malgré le malentendu qui vous a opposé. C'est de la grandeur et du professionnalisme.

  • damocles (F) 11/06/2012 10:34 X

    des milliers d'assounni font la pluie et le beau temps en Mauritanie alors qu'ils sont tous ignorants jusqu'au bout des ongles. Sans coup férir celui ci demande la présence des médias comme si son Créateur en avait besoin pour entendre

  • hitman (H) 11/06/2012 10:09 X

    Non mais je suis vraiment mort de rire "assouni". C'est quoi demander pardon à Allah publiquement ? C'est dans quelle sounna ça ?

  • assounni (H) 11/06/2012 09:45 X

    Biram doit demander pardon à allah publiquement devant les musulmans, dans une transmission radiotelevisée.

    Il doit exprimer ses regrets et jurer de ne plus commettre un acte pareil. C'est à ces conditions qu'i peut recouvrer sa liberté.