02-05-2012 08:26 - Les sheikhs mauritaniens se penchent sur le rôle des mahdharas

Les sheikhs mauritaniens se penchent sur le rôle des mahdharas

Un séminaire organisé à Aleg a appelé sheikhs et imams à enseigner les valeurs modérées de l'Islam. Des intellectuels religieux, des sheikhs et des leaders mauritaniens réunis lors d'un récent séminaire à Aleg ont demandé aux écoles islamiques traditionnelles en Mauritanie d'enseigner les valeurs de modération de l'Islam.

En coopération avec la Ligue des intellectuels religieux mauritaniens, le ministère mauritanien des Affaires islamiques a réuni quelque quatre-vingts participants venus de quatre provinces lors de ce séminaire organisé du 21 au 23 avril pour discuter du rôle de la mosquée et de la mahdhara dans la diffusion des valeurs destinées à mieux préparer les gens à la réussite dans leur vie et pour l'au-delà.

Des participants venus de Brakna, de Trarza, de Gorgol et de Guidimaka ont parlé des valeurs de modération, de la nature des programmes enseignés dans les mahdharas mauritaniennes, du rôle des intellectuels religieux dans la réforme, et de la manière d'améliorer l'éducation au sein des mosquées et des mahdharas.

Ils ont également émis plusieurs recommandations sur la manière d'élargir le rôle de la mahdhara et de la mosquée, pour la faire passer du cadre étroit du seul enseignement des sciences religieuses et de l'organisation des prières à celui, plus large, de l'orientation des citoyens, en leur exposant l'approche islamique correcte qui consolide la modération, rejette la violence et explique plusieurs concepts relatifs au djihad.

Dans leurs recommandations, les participants ont appelé les deux institutions à moderniser leurs méthodes, pour leur permettre de mieux faire passer ce message et de toucher les jeunes générations.

Le ministre mauritanien des Affaires islamiques Ahmed Ould Neini a demandé aux sheikhs présents de reconnaître le rôle que la mosquée et la mahdhara doivent jouer dans le renforcement de la culture des valeurs de l'Islam : modération, rejet de la violence et meilleure manière de se tourner vers Dieu.

"Les autorités provinciales des différentes provinces mauritaniennes se tiendront aux côtés des imams pour les aider à lutter contre le vice et diffuser les valeurs de l'Islam et de la tolérance entre les citoyens", a-t-il ajouté.

Le choix d'Aleg pour accueillir ce séminaire n'a pas été un hasard. La ville a en effet été le théâtre du crime terroriste le plus haineux commis en Mauritanie, lorsque des ressortissants français y ont été tués en 2007 par trois jeunes terroristes qui sont aujourd'hui en prison, condamnés à la perpétuité et à la peine de mort.

Selon Mohammed Ould Ahmed Shela, maire d'Aleg, la plupart des jeunes de la ville qui ont été tentés par l'extrémisme sont sortis diplômés de ces mahdharas. "Il est donc apparu nécessaire de revoir les programmes enseignés par des institutions qui étaient autrefois connues, dans toute leur histoire, pour leur modération", a-t-il expliqué.

Les responsables des affaires religieuses doivent intensifier la formation des sheikhs des mahdharas, a expliqué Mohamed Ould Ahmed, l'un des sheikhs participant à ce séminaire. Pour lui, les raisons en tiennent à leur mauvaise compréhension des moyens de communication modernes et de leur méconnaissance de certains concepts modernes, comme le dialogue entre les civilisations et les relations avec l'autre.

"Le plus gros problème que connaissent ces personnes est peut-être leur incapacité à expliquer les versets qui parlent du djihad d'une manière conforme aux préceptes de la nouvelle réalité", a-t-il ajouté. "Ils enseignent encore certains textes très fermés, que les jeunes interprètent de manière erronée, avant d'agir conformément à la compréhension personnelle qu'ils en ont."

Il a souhaité la mise en place de critères rigoureux pour ceux habilités à enseigner dans les mahdharas, de manière à élever le niveau de ces enseignants et empêcher que de telles fonctions ne soient occupées par des personnes aux qualifications douteuses. L'un des aspects importants à cet égard sera la maîtrise du Coran, tant en termes de mémorisation que d'interprétation.

"L'on sait que la relation directe existant entre l'imam d'une mosquée et ses fidèles passe habituellement par la prière du vendredi. Mais certains imams centrent leurs sermons sur le prêche, et ne s'attachent pas à guider les gens dans leur vie quotidienne", explique l'imam Ibrahim Ould Sidi. "Cela n'est pas juste ; l'imam doit être un réformateur des âmes dans ce monde et pour l'au-delà", ajoute-t-il.

"Le sermon doit donc être divisé en deux parties : l'une destinée à prêcher, demandant aux personnes de faire le bien et d'éviter le péché pour accéder à l'au-delà, et l'autre s'attachant à des questions contemporaines, expliquant la position de la religion sur ces sujets, notamment l'extrémisme, la violence et le terrorisme, car ce que dit un imam est généralement tenu pour acquis sur ces questions", ajoute-t-il.

Par Jemal Omar pour Magharebia à Nouakchott


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