30-04-2012 01:50 - Livres incinérés: des milliers de Mauritaniens manifestent contre une ONG anti-esclavagiste

Livres incinérés: des milliers de Mauritaniens manifestent contre une ONG anti-esclavagiste

Des milliers de Mauritaniens en colère ont manifesté dimanche soir à Nouakchott pour exiger vengeance contre des militants anti-esclavagistes, accusés d'avoir fait brûler des livres religieux justifiant l'esclavage et interpellés, a constaté un correspondant de l'AFP.

Les manifestants, hommes et femmes, ont crié vengeance et mort au président de l'Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA), Biram Ould Abeid, arrêté la nuit précédente à son domicile en compagnie de quatre de ses proches.

Le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu les manifestants, et leur a promis que l'islam sera protégé dans le cadre des lois et de la constitution du pays et que les auteurs de cet acte contraire aux valeurs islamiques et au rite malékite (en vigueur en Mauritanie) seraient déférés devant la justice.

Auparavant, un groupe de militants de l'IRA avait manifesté devant le commissariat de Nouakchott où est interrogé M. Ould Abeid, lui-même descendant d'esclaves. Selon eux, l'incinération vendredi soir de plusieurs ouvrages de référence des sciences islamiques visait à débarrasser la Mauritanie d'ouvrages musulmans dépassés qui incarnent et soutiennent la légalité de la pratique de l'esclavage.

Selon des sources du parquet de Nouakchott, de nombreuses plaintes ont été déposées contre le président de l'IRA, émanant notamment d'associations musulmanes.

L'IRA a dénoncé ces derniers mois plusieurs cas d'esclavage en Mauritanie où cette pratique n'est officiellement interdite que depuis 1981. Depuis 2007, l'esclavage y est reconnu comme un crime et ses auteurs sont passibles de dix ans de prison.



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Commentaires (5)

  • liamsi (H) 30/04/2012 09:17 X

    Ou est Messoud O/ Belkheir? sa réaction à cet acte? ou va t-il se suffir du communiqué trés laconique de son parti?.

    Les autres Sghair O/ M'Bareck, Boeidjel ils n'ont qu'à sortir de leur silence et nous dire sur la radio et la télévision ce qu'ils pensent de Birame et ses compagnons.

  • maestro (H) 30/04/2012 08:22 X

    Eh oui le plan maréchal qu'à declenché Biram a bien fonctionné. ne soyons pas naifs, Biram ne fait jamais rien pour rien.

    regardez la masse populaire après, c'est incinération pourtant bien ignoble. les pachydermes politiques ont crié dansé insulté accusé menti pour en reunir le tiers mais ils n'ont jamais pu.

    il suffit juste d'une récupération politique la révolution sera enclenché pour suivre et ressembler au arabe qui ont eu les printemps amers sauf nous. Biram encore un coup de maestro

  • bach (H) 30/04/2012 08:19 X

    A vous de juger!

    MOHAMMED CHEHHAR
    Les «Versets sataniques»
    Une fable, un lien entre l'Orient et l'Occident
    Le roman «Les Versets sataniques» restera unique par l'ampleur de l'effet
    (Wirkung dirait Hans Jauss) produit immédiatement après sa publication, et du sens que lui octroie un large public.

    Probablement, peu de gens l'ont réellement lu, mais c'est l'un des paradoxes généré par l'impact et les conséquences imprévisibles de la diffusion des massmedia qui en citant certains passages ont fixé une image stigmatisée de ce récit chez le public.

    Mohamed Chehhar
    Laboratoire de Sociologie de la culture Européenne. Faculté des sciences sociales.

    c I est à la suite de quelques manifestations d'un certain nombre de groupes « islamistes a c t i v i s t e s q u ' u n Etat condamne le romancier et un ayatollah édicté une fatwa (avis motivé en réponse à une question de doctrine posée à un théologien). Le destin de ce récit de Rushdie fait l'objet d'un acharnement médiatique sous le label de « l'affaire Rushdie».

    Cette affaire devient un emblème, voire un prétexte dont les différents protagonistes, groupes de pressions, des représentants politiques, des artistes et des intellectuels s'emparent pour se positionner, ridiculiser ou exprimer un principe dans un face à face d'acteurs, qui se connaissent auparavant. Alors, on assiste à une mobilisation médiatique où l'on proférait de part et d'autres des slogans: «l'Occident mécréant »; «l'Islam barbare»; «la défense de la laïcité»; «la solidarité de la foi»; etc.

    Dans le champ intellectuel, l'occasion était donnée pour insister sur l'autonomie de la littérature mais aussi pour mettre à profit des problématiques particulières et ainsi se placer au mieux dans la concurrence. C'est ainsi que l'on a pu dénombrer trois positions principales: La première considérait que c'est le respect des droits de l'homme qui a été mis à l'épreuve (Guy Scarpetta), la seconde se limitait à l'invocation du droit international stipulant que Rushdie étant de nationalité britannique, son «affaire» devrait se traiter sur le plan des relations internationales (Claude Lefort), et la troisième insista sur la souveraineté de la littérature en avançant que «les Versets sataniques» sont étrangers à leurs conséquences, ce qui fait qu' «il n'y a pas lieu d'en plaider l'innocence face à ceux qui les accusent. Plaider leur innocence, c'est consentir malgré soi à la possibilité de leur culpabilité» (Michel Surya).

    En France, l'affaire devient l'enjeu de querelles de chapelles franco-françaises ( 2 ) . Dans le monde islamique, peu d'intellectuels se sont prononcés en faveur de la fatwa même parmi les Islamistes. En revanche concernant le récit de Rushdie l'on retrouve les mêmes camps : les défenseurs des «valeurs islamiques» et les avocats de «la liberté d'expression et l'instauration de la laïcité

    Même si l'on peut déplorer l'exploitation médiatique de «l'affaire Rushdie», l'on ne peut guère faire abstraction du fait que le romancier reste condamné à mort, pire que cela, que sa liquidation physique est mise à prix par un Etat dans la «vie temporelle et celle de l'au-delà». Il est vrai que le roman s'est inscrit dans un horizon de référence tellement dense que le lecteur ou l'analyste n'est pas en mesure de construire à son propos une signification uni-Revue des

  • mauro (H) 30/04/2012 07:47 X

    Condamner l’esclavage ou le légitimer ?

    Le pouvoir mauritanien obéissant aux exigences toujours plus folles des barbus ignorants qui se réclament de l’Islam vient d’arrêter le célèbre militant des droits de l’homme Biram OULD ABEID.

    Je rappelle que ce dernier n’est coupable que d’avoir autodafé des textes de jurisconsultes musulmans qui, dans leurs écrits, légitiment la pratique de l’esclavage en l’attribuant à la sainte religion musulmane.

    Le microcosme mauritanien sait pertinemment que Biram est musulman, pratiquant et que par cet acte, il ne fait que rétablir la vérité, c’est à dire rappeler que la religion musulmane bannit et condamne toute forme d’exploitation de l’homme, a fortiori l’esclavage, pratique la plus avilissante à l’encontre d’un semblable.

    Chacun a poussé des cris d’horreur devant cet acte et le petit monde politico religieux mauritanien a unanimement condamné Biram… Allons-nous enfin poser les vraies questions qui dérangent :

    L’Islam prône-t-il l’injustice, l’inégalité et l’esclavage ?

    Si la réponse est oui, Biram ou tout autre adepte de l’Islam est en droit non seulement de critiquer mais aussi de renier cette religion.

    Si la réponse est non, l’Islam est donc une religion de paix, de justice, de tolérance, seuls quelques musulmans justifient cette pratique infâme et nous avons le droit de les critiquer en tant que personne et de brûler leurs écrits comme l’a courageusement fait Biram. Dans ce cas aucun blasphème n’a été commis et, au contraire, l’Islam est renforcée dans ses principes fondateurs.

    La communauté harratine de Mauritanie n’a pas immédiatement réagi à cette arrestation mais elle est solidaire de Biram et les idées qu’il défend agitent les consciences… Il est très facile d’arrêter Biram et peut être même de le tuer, il deviendra un martyr, et les martyrs ne meurent jamais, ils provoquent des révolutions !

    Gandhi et Mandela ont été maltraités, désapprouvés, emprisonnés par les pouvoirs qu’ils combattaient, ils sont devenus aujourd’hui des héros, des références morales et intellectuelles pour le monde entier !

  • nedo (H) 30/04/2012 01:56 X

    Cela n'est pas étonnant que des livres islamiques soient incinérés dans ce pays du faux islam! Parce que les autorités sont les premières a bafouer les valeurs de l'islam! Et c'est le pays tout entier qui risque d'étre incinéré! wait and see